Cappuccino à Ramallah : journal de guerre

«"Peut-être qu'un jour je vous pardonnerai de nous avoir imposé un couvrefeu
de quarante jours. Mais je ne vous pardonnerai jamais de m'avoir obligée
à subir ma belle-mère pendant ce qui m'a semblé durer quarante ans." Voilà
ce que j'ai dit un jour à un auditoire israélien qui me demandait à quoi ressemblait
la vie d'un Palestinien pendant la guerre du Golfe.»
Le 4 décembre 2001, les chars israéliens entrent dans Ramallah.
Dans le monde entier, les analyses géopolitiques font la une des
journaux. Fallait-il qu'Israël réagisse ainsi à la vague d'attentats
suicide ? Pourquoi boucler le quartier général d'Arafat ? À
Ramallah, Souad Amiry se pose aussi des questions. Doit-elle dormir
habillée ? Les trois heures d'autorisation de sortie suffisent-elles
pour aller chercher sa belle-mère à l'autre bout de la ville ? Est-il
raisonnable de se faire un cappuccino quand la machine à café se
trouve sur le plan de travail près de la fenêtre ?
Dans son journal de guerre, Souad Amiry réussit un exploit difficile
à imaginer : raconter avec humour et légèreté la vie au jour le jour
d'une Palestinienne dans une ville assiégée.
En s'attardant sur le quotidien et ses petits gestes, jugés pourtant si
dérisoires en temps de guerre, l'auteur révèle dans un style vif, précis
et ironique l'une des facettes d'un conflit complexe.