La déportation des homosexuels : actes des quatrièmes Assises internationales de la mémoire gay et lesbienne : Bibliothèque municipale de Lyon, 24-26 mars 2005

Parmi les nombreux non-dits de notre société, la
déportation des homosexuels figure en bonne place
dans l'histoire de notre pays. L'occultation de cette
tragédie, pendant de très nombreuses années, a
correspondu à la perception par nos concitoyens
d'une deuxième Guerre Mondiale dont les acteurs,
résistants comme déportés, ne pouvaient être
qu'hétérosexuels. Il a fallu, en 2005, le soixantième
anniversaire de la libération des camps, pour qu'un
Président de la République cite enfin les homosexuels
dans la liste de tous ceux qui furent déportés puis
exterminés. Il est vrai qu'à la Libération, l'homosexualité
était restée un délit, que ce soit en France ou
en Allemagne. Pour cette raison, les quelques
survivants, dont Pierre Seel, durent longtemps cacher
la raison officielle de leur déportation. Une fois de plus,
ce sont les homosexuels eux-mêmes qui les premiers
militèrent, non sans difficultés, pour cette reconnaissance.
C'est ainsi que chaque année, lors de la
journée officielle de la Déportation, le dernier
Dimanche d'Avril, ils participent, souvent brisés par
l'émotion, à cette cérémonie. La Ville de Lyon,
Capitale de la Résistance, à travers deux de ses
institutions, le Centre d'Histoire de la Résistance et de
la Déportation et la Bibliothèque Municipale, a choisi
d'aborder publiquement cette question qui fait débat
avec les meilleurs spécialistes, français et allemands.
C'est tout à l'honneur d'une ville où le devoir de
mémoire se conjugue au présent.