La Seconde Guerre mondiale en Franche-Comté : l'invasion, l'Occupation et la Résistance, la Libération

Pour illustrer son livre, l'auteur aurait pu y insérer une reproduction de ces deux tableaux :
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Le Temps dérobant la Vérité aux atteintes de l'Envie et de la Discorde par Nicolas Poussin.
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La Vérité réhabilitée par le Temps et dictant l'Histoire par Goya.
Ces deux peintres n'ont-ils pas en effet, par l'emploi des mots-clés Temps et Vérité , défini au mieux le problème éternellement posé aux historiens ? Et, notamment, à ceux qui se consacrent à l'étude des événements survenus en France durant la Seconde Guerre mondiale. Plus de soixante ans écoulés, ne serait-ce pas encore trop tôt pour tout dire (du moins presque tout)... Ou bien serait-ce déjà trop tard, hélas ! pour reconstituer l'ambiance du moment (sans excessives infidélités)...
L'invasion allemande - L'Occupation - La Résistance - La Libération
Ce schéma pédagogique, devenu très classique dans ce genre d'ouvrage, le colonel Dutriez a tenu à le respecter. Aussi, pour l'essentiel, ce livre reproduit-il l'édition de 2004, et par son texte, et par ses photographies, et par ses croquis. Avec, néanmoins, certaines améliorations visant à obtenir toujours plus de précision et une meilleure compréhension parmi les faits que le contexte de cette difficile époque se plaît à tant emmêler.
Mais l'auteur a voulu plus. Il ose donc - peut-être incité par les titres des tableaux précédemment cités - se risquer hors du domaine de l'« histoire polie » (comme disait Péguy). D'où, entre autres, la révélation des conditions exactes - et longtemps occultées - de la mort du général allemand von Brodowski, prisonnier à la Citadelle de Besançon, en octobre 1944. De là, également, des appréciations - sans doute inattendues et sujettes à bien des controverses - sur le général de Lattre de Tassigny qui, durant l'automne 44, préparait depuis Besançon, poste de commandement de la 1<sup>re</sup> armée française, la grande offensive libératrice de la région Montbéliard-Belfort.
Au public d'apprécier, puis de choisir : belle légende ou prosaïque réalité ? Devoir de mémoire souvent réconfortant ou obligation de vérité parfois décevante ?