L'Eglise arménienne entre Grecs et Latins : fin XIe-milieu XVe siècle

En partie chassés de la Grande Arménie vers les rives
de la Méditerranée orientale, à la suite de la conquête turque,
les Arméniens, qu'ils se soient politiquement restructurés
(principautés, puis royaume d'Arménie cilicienne, seigneuries
arméniennes de l'Euphratèse) ou rassemblés en communautés
(urbaines ou rurales), se trouvent, à partir de la fin du XI<sup>e</sup> siècle,
en contact direct avec les peuples chrétiens du Proche-Orient :
Grecs de Byzance, Syriaques de diverses confessions et, derniers
venus, Francs de la Croisade. Dès lors, des contacts continuels
ont lieu entre les chefs de l'Église arménienne et les Latins, alors
que les discussions, déjà nombreuses dans le passé, continuent
avec les Grecs, mais aussi les représentants d'autres Églises
orientales (jacobite, géorgienne) ; dans ce contexte, la chrétienté
arménienne cherche à maintenir son identité tout en s'adaptant
aux conditions du temps, c'est-à-dire d'abord à un passage
de l'hégémonie byzantine à celle de l'Occident latin, puis
à la montée des puissances musulmanes (Turcs saldjoûkides,
Ayyoûbides, enfin Mamelouks). Quelques points forts ressortent :
l'esprit d'ouverture exceptionnel des catholicos-patriarches
de la lignée des Pahlawouni, l'importance des contacts culturels
(nombreuses traductions de textes, du latin, du grec, voire
du syriaque vers l'arménien, et inversement), les influences
réciproques, par exemple dans le cas de l'art de la miniature.