Atelier du roman (L'), n° 37. Dix ans d'atelier

L'oeuvre d'Andric nous ramène à la
vérité, à nous-mêmes. Cette vérité est
moins glorieuse que celle que nous servent
les mégalomanes nationaux patentés avec
leurs histoires sur la noblesse, la splendeur
et la gloire de la cour serbe médiévale où,
disait-on, on mangeaient avec des cuillères
et des fourchettes en or.
Miroslav Karaulac
Ce sont les romanciers qui ont le mieux
compris Giono. Je ne parle pas de
quelques égarés qui imaginent imiter le
maître en plantant des paysans dans la
montagne de Lure, en cachant un cadavre
et en distribuant larga manu les prénoms
sacrés d'Angelo et de Pauline.
Paule Constant
Depuis 1958, j'ai lu ou relu tout Giono avec en arrière-plan, l'envie non de bâtir une théorie,
mais de mettre en balance le positif et le négatif des êtres devant l'ennui, de comprendre aussi
pourquoi les bouteilles, pour certains, seront toujours à moitié vides quoi qu'ils tentent !
Christiane Baroche
Aussitôt, un par un, parfois à deux ou
trois et se querellant entre eux et
même avec lui, les personnages de sa vie
imaginaire passent à travers les murs, traversent
son bureau et se fondent dans la
masse des livres qui composent la bibliothèque
de Giono.
Michel Déon
Le panthéisme, si souvent
reproché à Giono, j'affirme
sans rougir qu'il m'a alors profondément
remué.
Jean-Max Tixier
C'est notre cécité, cécité existentielle,
qui rend le monde autour
de nous si mystérieux. À sa façon discrète,
Petr Král écarte le voile.
Milan Kundera
Grégoire Samsa est un voyageur de commerce.
Il n'est rien d'autre. Il ne vit dans
aucun autre domaine en dehors du commerce.
Kafka décrit l'univers de ce que les sociologues
appellent depuis trois siècles «la société économique».
Stanko Cerovic
Le critique ne saurait trop se taire - affirme Alexandre Vialatte.
Je suis comblé.
Michel Host