Guernibab-el-oued suivi d'Isly

Le Printemps est déjà-là, perpétuant cet étonnement excitant de pourrir
ou respirer en analogie avec les divinités décrites par Ovide dans Les
Métamorphoses.
Dans ce silence qui préfigure la mort héroïque et la destinée implacable, un
mirage s'éternise, leurre les coeurs vaillants. A quoi bon enseigner culture et
droit juste, quand le non-dit, d'un racisme viscéral, conduit aux extrêmes ? Les
terreurs aveugles avancent en refusant de prendre conscience de la gravité
d'actes extrêmes, préférant l'effroi à la vie. Pour ces héros, volontaires
déchirés entre leurs convictions et la menace d'adversaires barbares, s'idéalise
une descente aux enfers. L'endoctrinement sournois, propre aux mutineries
sales, les modifie graduellement pour tuer. Ce sont des gens simples se
mutant en véritables assassins, capables non seulement de justifier leurs
crimes, mais aimant les perpréter. Pour un peuple condamné, dos à la mer,
existe-t-il, à l'exemple des Dieux, un autre choix que celui de commettre ou
subir l'irrémédiable ? Pour lutter contre leur racaille , en passe de disparaître,
le pouvoir en place, s'opposant aux provocations et montées en puissance de
l'ennemi intérieur qu'elle constitue, use de tous les moyens dont il dispose, en
faisant débarquer de sombres cohortes, avec la volonté d'anéantir une
civilisation, un quartier, toute une ville, dans une autre Guernica.
Loin des stéréotypes méridionaux, s'appuyant sur des faits authentiques,
ces pages rendent hommage à une métropole dont la profondeur historique
exceptionnelle enrichit le récit par son glorieux passé et son attachante force
d'âme.