Les économies de l'Afrique centrale 2006

Les pays de la Communauté Économique des États de l'Afrique centrale ont enregistré en 2005
une croissance soutenue qui s'est établie à 7,3 %. Cette performance s'explique particulièrement
par le dynamisme du secteur pétrolier angolais et la reprise des activités économiques rendue
possible par la fin des conflits en République Démocratique du Congo et en République
Centrafricaine. Ce résultat est néanmoins en retrait par rapport à 2004 (année durant laquelle
la croissance a atteint plus de 8 %) en raison du ralentissement de l'activité pétrolière en Guinée
Équatoriale et au Tchad. Il est prévu pour 2006 une croissance encore plus forte qu'en 2004
avec 9,2 %. Cette croissance sera essentiellement tirée par la production pétrolière en hausse
constante en Angola conjuguée à des cours du pétrole record qui sont restés élevés (largement
au-dessus de 70 dollars) pendant les huit premiers mois de 2006.
Bien qu'il faille se réjouir de cette croissance record (la seconde en trois ans) il ne faut
pas oublier qu'elle cache de grandes disparités entre pays de la sous-région. La plupart des
taux de croissance de ces derniers demeurent encore inférieurs au taux de référence de 7 %
nécessaire pour réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015. Par ailleurs, les pays d'Afrique
centrale demeurent fragiles, et ne disposent pas des instruments efficaces leur permettant
de minimiser les conséquences des chocs internes (aléas climatiques, instabilité politique,
etc.) et externes (volatilité du cours des matières premières). Le manque de diversification
économique est un facteur qui vient aggraver la vulnérabilité des économies, notamment
pétrolières, de la sous-région
Les gouvernements d'Afrique centrale doivent, par conséquent, continuer à fournir des
efforts pour la mise en place des conditions favorables au développement de moteurs internes
de croissance qui contribueraient à atténuer l'exposition de la sous-région aux chocs internes et
externes. Ils doivent pour ce faire veiller (I) au renforcement de la stabilité macroéconomique,
(II) à une plus grande transparence et à une meilleure gestion des revenus pétroliers, (III) à la
promotion de la diversification économique et enfin (iv) au développement du secteur privé.
Le Bureau sous-régional pour l'Afrique centrale de la Commission économique des Nations
Unies pour l'Afrique est basé à Yaoundé au Cameroun. De vocation pluridisciplinaire, un de
ses principaux domaines de réflexion est l'analyse économique et l'appui à la formulation des
politiques économiques. Sa mission essentielle est de soutenir le processus d'intégration en Afrique
centrale