Les masets nîmois : histoire, physionomie, influence

Le vieux mazet
Au nord de ma ville natale
La garrigue, aux abords poudreux,
Dans sa verte maigreur s'étale.
En arrosant ce sol pierreux
De sa sueur, un prolétaire
Quatre murs blancs en fit surgir.
Du vieux maset de mon grand-père
Je garde un bien doux souvenir.
Nos poètes l'ont chanté, mais pas autant qu'il le mérite, à mon avis.
Le plus grand de tous, Reboul, n'a consacré à ce coin si original de la vie nîmoise qu'une pièce en dialecte languedocien qu'on lira plus loin. Son contemporain et son émule, Jules Canonge, ce poète fécond autant que charmant, en fait à peine mention.
Et pourtant le maset semble avoir tout ce qu'il faut pour mériter le sourire des Muses. Le mot seul, diminutif de mas, mansio , a une consonance si douce, un air si gracieux et si frais ! Il y a tant à dire sur les agréments et les bienfaits de ces innombrables maisonnettes espacées çà et là dans la campagne nîmoise, et formant autour de l'antique cité une si pittoresque couronne ! Napoléon I<sup>er</sup> prétendait reconnaître la Corse rien qu'à l'odeur du ciste respirée à plusieurs lieues en mer. Non moins poétiquement on reconnaît Nîmes, de plusieurs lieues à la ronde, à ces bâtisses multiples et très rapprochées, qui piquent, pareilles à des clous d'argent et d'or, le paysage brillamment ensoleillé qui s'éploie autour de l'antique Tourmagne.