Avant-scène théâtre (L'), n° 1310. L'éveil du printemps

Quand un poème Ivrique ou une trame dramatique se révèle à mes veux ou plutôt
à mes sens les plus secrets, plus tard, j'essaie de les traduire, de les cristalliser avec
la matière humaine, avec l'homme et avec ses états d'âme.
Le jeu est-il alors un acte ou un accès au savoir ? Ou est-il simplement l'exercice
propre à l'apprentissage ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il ne constitue pas une réponse en soi : c'est une manière
active de s'interroger. Chercher la réponse, c'est chercher une lumière, le symbole
de la naissance : ainsi celui qui questionne est-il une sorte de sage-femme qui aide
à donner la lumière (en espagnol accoucher, c'est donner la lumière, dar la luz ).
Mais la lumière n'est pas forcément une vérité. Comme le dit Socrate,
l'enseignement n'est pas la transmission d'un savoir d'un individu à un autre,
mais plutôt le processus qui aide l'autre à dévoiler ce qui bloque sa pensée et
son entendement, ce qui empèche sa capacité de découvrir.
Ni l'apprentissage, ni l'instruction ne s'apprennent de l'autre. Au contraire, les
idées doivent être produites par chacun de telle manière que le problème
fondamental de l'apprentissage est le combat contre ce qui
empêche de produire des idées.
L'acteur, par conséquent, ne doit pas reproduire
ce que le metteur en scène
demande d'exécuter, mais laisser naître
et allumer la beauté de ses propres
pensées, de ses propres actions.
La réponse qui est équivalente
à ce qu'un acteur dit à travers
le texte doit s'assumer
par ses actes et par
les conséquences de
ses actes.
Omar Porras