Anarchisme, violence et non-violence : petite anthologie de la révolution non-violente chez les principaux précurseurs et théoriciens de l'anarchisme. La violence dans la révolution

En se réclamant de la libre fédération des individu-e-s et des groupes humains,
en se positionnant clairement contre la peine de mort et pour la suppression
des prisons et de tout autre lieu de coercition, l'anarchisme a toujours parié sur
la capacité des êtres humains à pouvoir vivre ensemble fraternellement et
égalitairement, et s'est toujours rangé, de ce fait, sans ambiguité aucune,
A la question de savoir ce qui, de la violence ou de la non-violence, fonde le
rêve libertaire, la réponse ne souffre aucune interprétation : c'est la non-violence
!
L'Etat, le capitalisme, le militarisme, les religions, le patriarcat, le fascisme, les
totalitarismes... qui sont au coeur du pourquoi et du comment des oppressions
et des exploitations - qui génèrent depuis toujours les cent mille et une petites
et grandes violences politiques, économiques, sociales, culturelles... de notre
quotidien-, se laisseront-ils abolir bien gentiment ou réformer ? Une armée
non-violente ne demeurera t elle pas toujours une armée ? Des capitalistes
"non-violents" ne seront-ils pas toujours des exploiteurs ?
Bref, même si on prend pour acquis qu'il est certains moyens (la torture, le
terrorisme aveugle..) avec lesquels il est hors de question de transiger, qu'il va
de soi que l'évolution primera toujours sur la révolution, l'évidence n'impose-t-elle
pas d'oser le courage du pragmatisme ?
Et au débat, nécessaire, sur la morale, ne doit-il pas
se substituer un débat, impératif, sur les conditions
politiques, économiques sociales... de la mise en
oeuvre de cette morale ?