Le bonheur mongol

«Les hommes dès qu'ils regardent une fille bien
roulée et bien sapée c'est tout de suite pour coucher
avec elle. Pour vous il n'y a que le cul. On ne voit que
ça dans vos yeux.»
L'emploi du vous qui m'inclut implicitement
m'égratigne avec sévérité. Mais la voyant se lever, se
piquer d'un air piquant, la poitrine gonflée comme
dans la chanson et la jupe fendue jusqu'à la hanche, je
me demande comment on peut ne pas avoir envie de
coucher avec elle. Moi-même, là... Si je m'écoutais...
«Tu m'écoutes ?
- Oui, heu...
- Ça me rend dingue !
- Tu crois pas que tu dramatises un peu ? ...»
Entre tribulations sexuelles, virées existentielles,
embardées sociales et diatribes en cascades le narrateur
navigue à vue... Son jeu est un autre qui traverse
précipitamment les passerelles du temps, ironise à tout
va et se mord la queue plus souvent qu'à son tour...
Épopée dérisoire fin de siècle d'une dérive désespérée
comme désopilante...