Douce-amère

Andrée Marik, entre ses mots innombrables / comme
gouttes de pluie s'avoue bien plus douce qu'amère en ne
s'avouant vaincue par rien, ni même vraiment dépassée.
Entière et rayonnante, on la sent porteuse d'initiative, de
créativité et de profonde fraternité.
Dame d'âge et de progrès, elle pose sur le monde,
depuis la terrasse de sa haute et riche vie, un regard sans
complaisance mais où se lisent à pages ouvertes
distanciations et amusements. Sous un réalisme sans fard
percent mille tendresses vraies.
La conscience sereine qu'Andrée Marik a des limites de
consommation de cette matière qu'on appelle vie donne à
ses mots ce poids vrai qu'allège une élégance unique et
souvent malicieuse.
Pris à ses mots, nous la suivons, qui s'en amuse. Et c'est
bonheur d'être assurés, humbles lecteurs que nous sommes,
de ce bon port tapi au terme de ses pages, en quelque
boucle assagie de Charente.
Douce-amère en nous coule ainsi qu'une eau de vie, de
belle et longue vie.
À la vôtre, Madame ; et à la nôtre donc.
Jean-Marie Gilory