Classicisme et modernité dans le théâtre des XXe et XXIe siècles : études offertes à Marie-Claude Hubert

«Finalement, je suis pour le classicisme : c'est cela l'avant-garde.»
Dans Notes et contre-notes (1962) Ionesco exprime en ces
termes, volontiers provocateurs, sa conception de la modernité
théâtrale. Sans doute cette tension dynamique entre héritage
et innovation, tradition et révolution, constitue-t-elle une clef
de lecture efficace pour une grande part de la production
dramatique française des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles.
Les contributeurs de cet ouvrage interrogent, à la lumière des
notions en apparence antagonistes de «classicisme» et de
«modernité», le vaste répertoire qu'ont contribué à forger des
auteurs tels que Claudel, Giraudoux, Genet, Ionesco, Beckett ou
encore Schéhadé. Ils en explorent la dramaturgie, questionnant
notamment l'usage réservé aux didascalies ou l'interaction entre
le théâtre et la danse. Ils s'intéressent également à la réécriture,
phénomène qui fait écho à la stratégie classique de l'imitation en
introduisant un rapport ludique au texte matriciel. Ils soulignent
enfin l'importance accordée depuis deux siècles au metteur
en scène et étudient la façon dont ce dernier est à l'origine de
nombreuses modifications du texte théâtral.