Berthe Weill : 1865-1951 : la petite galeriste des grands artistes

Berthe Weill 1865 - 1951
Cette biographie inaugurale de Berthe Weill restaure une oeuvre singulière et remet en lumière une importante actrice de la scène parisienne de l'art, au moment où celle-ci faisait converger les regards, en centralisant les lieux, à la fois d'apprentissage et d'exposition. Berthe Weill fut la première galeriste femme au tournant du XIX au XX<sup>e</sup> siècle. Elle ouvrit sa galerie d'art dès 1901 pour y montrer les artistes qu'elle jugeait (ses) contemporains. Elle y exposa d'emblée, à la fois les tenants de la modernité à la française - Matisse, ou Picasso, qui y tint sa première exposition - mais également, ceux ou celles qui étaient mus par d'autres motivations, d'autres idéalisations quant à l'activité professionnelle de la création. Elle fut, particulièrement vigilante, ainsi, à donner aux femmes artistes une place dans ses expositions, montrant régulièrement Émilie Charmy, Jacqueline Marval, Marie Laurencin, Suzanne Valadon ; ces noms ont refait surface au début du XXI<sup>e</sup> siècle, grâce aux efforts, notamment des historiennes de l'art féministes.
La biographie de Berthe Weill, concentrée autour du personnage d'une galeriste, une « battante », restitue également une pensée de l'art dans sas « présentation », son accrochage, son accompagnement critique, son commerce, sa survie. Cette pensée, Berthe Weill eut à coeur de la formaliser avec ses propres mots dans son ouvrage iconique : « Pan !.. dans l'oeil ». Que reste-t-il aujourd'hui, non seulement de cette activité, mais également des opérations qui ont consisté à l'éradiquer, à l'oublier ? Ce sont parmi les mystères que Marianne Le Morvan s'est entêtée à percer.