Dupin l'aîné : un Nivernais au centre de la monarchie de Juillet

La Nièvre a produit des présidents mais certains
sont plus oubliés que d'autres. Le nom de Dupin
se serait complètement évanoui, si ce n'étaient
les caricatures de Daumier ainsi que les nombreux
pamphlets dont les plus virulents sont
certainement ceux de Claude Tillier, son compatriote
de Clamecy.
Il mérite cependant plus : brillant avocat,
il gagne quelques grands procès
retentissants, notamment ceux des
anciens maréchaux d'Empire. Attiré
par la politique, il se hisse, au gré des vents
et des marées, aux plus hautes instances de
l'État : président de la Chambre des députés
sous la Monarchie puis la République, il
cumule dans le même temps la fonction de
procureur près la Cour de cassation.
Au centre de la monarchie de Juillet,
proche de Louis-Philippe, il fait profiter
la Nièvre de son influence en facilitant
son désenclavement. Mais dans les salons parisiens, on se gaussera
de l'homme aux souliers ferrés du Morvan, Morvan sur lequel
il écrit un ouvrage qui mérite d'être relu.
C'est ce parcours hors norme d'un Nivernais dans les temps troublés
de la première moitié du XIX<sup>e</sup> siècle que Michel Raséra, ancien
élu bourguignon, nivernais d'adoption, conseiller-maître à la Cour
des comptes, s'attache à réhabiliter. Avec brio.