La montagne radieuse

Les récits rassemblés ici ont été écrits après la
catastrophe du 11 mars 2011, alors que l'auteur
partageait le quotidien des habitants touchés par
le tsunami et l'accident de la centrale nucléaire
Daiichi. Ce sont de fines descriptions des errements
de l'âme humaine face à un danger insaisissable,
invisible, lorsque hommes et femmes tentent, avec les
moyens dont ils disposent, de revivre, de retrouver la
lumière. Nul doute que leurs histoires, contées avec
bienveillance et non sans humour, peuvent résonner en
chacun de nous.
Ces récits sont, je crois, les fruits à maturation
presque instantanée de quelques miraculeux moments
de concentration.
«Ce n'est pas le moment d'écrire des romans» :
cette voix, je m'attendais à l'entendre à tout moment,
moi qui habitais Fukushima après le séisme, le
tsunami, l'accident de la centrale. Mais, ironie du sort,
il s'est avéré qu'écrire des romans m'était tout aussi
indispensable pour vivre que respirer, quels que soient
les taux de radioactivité relevés dans l'air.
Plus que de concentration, s'agissait-il d'une
envolée pour échapper aux ténèbres ? Plus que de
fruits, de gouttes gorgées de délicieux césium...
Le veilleur du temple Fukuju,
Genyû Sôkyû.