Le prix de la gloire : Napoléon et l'argent

Le prix de la gloire : Napoléon et l'argent

Le prix de la gloire : Napoléon et l'argent
Éditeur: Fayard
2007638 pagesISBN 9782213631653
Format: BrochéLangue : Français

Avec sa redingote grise et son petit chapeau, Napoléon passe pour un

personnage empreint d'une grande simplicité et peu vénal. Rien de commun

entre lui et le «vil métal» qui corrompt et déshonore les hommes.

Et pourtant l'argent fut son compagnon de route. Ne pas en tenir

compte serait oublier que la Révolution française, à laquelle il devait

tout, était la conséquence directe d'une crise financière que l'Ancien

Régime n'avait pas su maîtriser. Ce serait ignorer que la faillite du

papier-monnaie fut l'un des facteurs principaux du discrédit du Directoire

et qu'indirectement elle favorisa l'avènement d'un sabre capable de

rétablir l'ordre. Ce serait méconnaître que des expéditions militaires

décidées ou conduites par Bonaparte l'ont été pour des raisons économiques

(Italie, Saint-Domingue) ou ont échoué notamment à cause

d'une cruelle insuffisance de moyens (Égypte). Mais ce serait aussi ne

pas mesurer à sa juste valeur le redressement financier qui a consolidé

le régime consulaire. Et si l'on en revient à l'épopée, nier le poids de

l'argent serait passer sous silence l'incroyable défi relevé par Napoléon :

financer quinze années de guerres sans provoquer la faillite de l'État

alors que, deux décennies plus tôt, la guerre d'indépendance américaine,

pourtant modeste sur le plan militaire, avait suffi à mettre à genoux une

monarchie millénaire.

Les financiers ne firent aucun cadeau à Napoléon et l'argent fut

pour lui une préoccupation constante. En le «travaillant» sans relâche,

il s'en fit un précieux allié capable de favoriser son destin. Il l'utilisa

dans son ascension, s'en servit pour affermir son pouvoir et en fit encore

une arme politique (et posthume) dans le testament de Sainte-Hélène.

Il dut aussi le combattre dans sa guerre contre l'Angleterre. Les moyens

furent à la hauteur de l'enjeu, c'est-à-dire considérables, presque

miraculeux pour un pays dont la population était deux à trois fois

inférieure à celle de la France. Dans la lutte à mort opposant les deux

plus grandes puissances d'alors, il fallut trouver de part et d'autre de

l'argent, encore de l'argent, toujours de l'argent. Et la victoire finit par

sourire au pays qui possédait la plus grande surface financière. Voici

une autre façon, inédite, d'étudier vingt années qui ont profondément

marqué la France.

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