Sincérité et démocratie

L'étude des liens entre «Sincérité et Démocratie» ne constitue
pas une question largement débattue dans la communauté des
juristes d'aujourd'hui, même si elle revient de manière récurrente.
Des auteurs connus - anciens ou modernes - ont pourtant
réfléchi à cette question et alimenté le débat sans toutefois
l'épuiser. En effet, cette notion de sincérité apparaît plus
fréquemment qu'il n'y paraît si l'on y prête attention. La notion
de sincérité est consubstantielle à celle de démocratie à tel
point qu'elle apparaît induite. Une démocratie peut-elle exister
si la sincérité en est absente ? Les éléments formels de la démocratie
«élections, séparation des pouvoirs, garantie des droits
fondamentaux» ne seraient-ils que de vains mots s'ils ne
s'accompagnaient pas d'une mise en oeuvre «sincère» ? Comment
dès lors appréhender la sincérité et quelle place faut-il lui
accorder ?
L'Institut Louis Favoreu a souhaité rouvrir le débat sur ces
questions sous un angle pluridisciplinaire. Ainsi, les dimensions
historiques, sociologiques, politiques et juridiques de la
question des rapports entre sincérité et démocratie en matière
électorale et parlementaire ont été abordées. Par ailleurs,
comme à ses habitudes, l'Institut Louis Favoreu y a adjoint une
dimension comparatiste. Le terme de sincérité, présent dans la
jurisprudence du Conseil constitutionnel depuis le début de son
fonctionnement, se retrouve-t-il dans d'autres États et au sein
du Conseil de l'Europe ?
Les communications présentées ont été enrichies par la retranscription
des nombreux échanges entre les participants tout au
long de la journée.