Un fils pour un autre

Après avoir traversé côte à côte les quatre années de la guerre,
François et Jean, fauchés par un obus à quelques heures de l'armistice,
sont hospitalisés sur l'arrière. François doit être amputé d'un bras.
Jean succombe à ses blessures après avoir fait promettre à ce frère
d'armes, venu d'une autre région que la sienne, de se rendre à Nice
auprès de sa famille.
Meurtri par la mort de son compagnon, François regagne dans
un premier temps la ferme familiale où, à cause de son handicap, il
se heurte à une hostilité à peine voilée : avec un seul bras, comment
faire le paysan, traire les vaches, cultiver la terre ? Il se décide alors,
poussé par sa promesse, à se rendre auprès de Robert Cassini, le
père de Jean. La rencontre est chargée d'émotion. Et Robert Cassini
n'a guère de mal à convaincre le jeune homme de rester auprès de
lui et de participer à la marche de son entreprise. Jusqu'au jour où
François croit deviner que les Cassini doivent leur fortune à l'essor
d'une ancienne usine de munitions.
C'en est trop. François que les images de la guerre obsèdent
décide de claquer la porte et, tournant le dos au confort et à l'univers
des nantis, redevient un simple ouvrier dans une manufacture de
tabac. Mais, le temps passant, il comprend qu'il a peut-être commis
une grossière erreur de jugement et que les Cassini ne méritaient pas
son opprobre. Tenaillé par le remords, hanté par le souvenir de Jean
qu'il considérait comme son frère, il voudra réparer son erreur et
faire revivre, auprès d'un père muré dans la douleur, le réconfort et
l'ombre d'un fils.