Droit pénal et droits de l'homme : la dignité en prison, genèse et avènement

La dignité humaine est omniprésente dans les discours de ce
début du XXIème, mais aucun texte juridique ne la définit. La
Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU la déclare
«inhérente à tous les membres de la famille humaine». Elle est
consubstantielle à l'être humain, absolue, incontournable. Sans dignité,
pas de Liberté, Egalité, Fraternité, chères à notre République. Créatrice
de droits et protectrice des hommes, la dignité est aujourd'hui l'arme des
démocraties. Elle est la pierre angulaire des droits de l'homme, un
principe à valeur constitutionnelle, la quatrième composante de l'ordre
public en France. La dignité est devenue un principe directeur dans
l'ensemble des textes concernant la prison, que ce soit les Règles
minima des Nations Unies, le Pacte international relatif aux droits civils
et politiques, la Convention contre la torture et autres peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants, la Convention européenne
de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les
Règles pénitentiaires européennes ou la loi pénitentiaire française du 24
novembre 2009. En prison, des moyens de contrôle sont mis en place
pour qu'elle soit respectée : le contrôleur général des lieux de privation
de liberté en est un.
Pourtant, la dignité se heurte à des résistances en prison. La
jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme nous fournit
de nombreux exemples du non respect du droit des détenus et des
atteintes à leur dignité : surpopulation pénale, fouilles intempestives,
placement à l'isolement, etc. Malgré une avancée certaine de la
protection des droits des prisonniers, les impératifs de sécurité et les
contraintes carcérales relèguent-ils au second rang la question, pourtant
primordiale, du respect de la dignité et des droits de tout homme, qu'il
soit libre ou prisonnier ?