Orientalisme savant, orientalisme littéraire : sept essais sur leur connexion

Orientalisme savant, orientalisme littéraire
Voltaire s'est-il vraiment inspiré, dans le chapitre « L'ermite » de Zadig , de l'histoire de Moïse et du serviteur de Dieu, racontée dans le Coran ? Quelle est la vraie source de l'adaptation que Goethe propose dans son Divan occidental-oriental du « chant de vengeance » de Ta'abbata Sharran ? Sait-on que Hugo, dans une note des Orientales , donne, à côté de poèmes persans et du « pantoum malai », vingt et un extraits de poètes arabes, que lui a fournis un certain Ernest Fouinet et qui constituent une véritable petite anthologie de la poésie arabe archaïque ? Pourquoi la « sentence orientale » de La Peau de chagrin , présentée par Balzac comme « sanscrite », est-elle non seulement en caractères arabes, mais encore en arabe ? La pièce Antar du Libanais Chekri Ganem n'est-elle pas un parfait exemple de métissage culturel ? Aragon « arabise »-t-il vraiment dans son poème de jeunesse Bouée , qu'il présentera près d'un demi-siècle après comme issu des Fables de Lokman , dans la version de Cherbonneau, et comme le premier maillon d'une chaîne conduisant au Fou d'Elsa , par sa remise en cause de la conception du temps ? Six oeuvres et autant de questions sur l'orientalisme littéraire et sa connexion avec l'orientalisme savant. Connexion que l'on retrouve en épilogue dans
le septième essai, consacré à un genre, l'opéra, qui prolonge le livre en livret et la littérature en musique, tissant leurs liens à travers l'Europe entière, souvent en étroite relation avec le contexte historique.