Remous : voyage au fond des nuits

Remous, ce sont d'étonnants poèmes de chair et
de sang, hors de toute tradition littéraire romande
- mais dans le droit fil des Corbière, Laforgue,
Genet, du Baudelaire de Spleen, quand «l'angoisse,
atroce, despotique, sur (son) crâne plante
son drapeau noir».
Fouaillant à coups de mots chocs et durs son
coeur et son âme, Chloé déchire son passé, découpe et
extrait ainsi, à l'aide de l'impitoyable scalpel de sa
conscience, le pire obscur de notre condition
humaine.
Mais paradoxalement, c'est dans ce champ clos
de la souffrance et même, quelque part, de certaines
impulsions («cette mort que je veux !») que s'élève
la grâce ineffable du poème «arraché aux griffes de
la nuit».
Que l'inspiration de Chloé naisse d'un élan
brut que ne morcelle aucune analyse, ou de l'éclosion
d'un souvenir, c'est, en définitive, vers l'espoir
et l'amour que nous dirigent ses poèmes.