Voyage dans l'Empire Ottoman du naturaliste Claude Granger (1733-1737) : Régence de Tripoli de Barbarie, Egypte, Ile de Chypre, Levant, Mésopotamie : correspondance avec le comte de Maurepas secrétaire d'Etat à la Marine

Les Lettres et les Mémoires adressées à Jean-Frédéric de Maurepas,
Secrétaire d'État à la Marine, fournissent aux historiens des Sciences, aux
spécialistes des voyages, des matériaux qui permettent de mieux
connaître l'espace méditerranéen dans la première moitié du
XVIII<sup>e</sup> siècle.
Avant d'entamer ce voyage, Granger a vécu, cinq ans, dans la Régence
de Tunis comme chirurgien de l'hôpital San Juan de Matta des Trinitaires
espagnols.
Lors d'un premier retour en France, il étudie, pendant un an, au Jardin
du Roi. Puis M. de Maurepas le recrute comme «chargé d'Histoire
Naturelle» , et l'affecte auprès du Consul de France au Caire.
Un ouvrage, posthume, La Relation du voyage que le sr. Granger a fait
en Egypte en 1730 par ordre de Monsieur le Comte de Maurepas , publié
chez Jacques Vincent, Paris 1745, rapporte ses observations faites lors de
ce premier séjour en Egypte.
De retour à Paris, à l'issue de cette mission, on le retrouve assistant de
M. de Réaumur à l'Académie royale des Sciences. Mais bientôt M. de
Maurepas le charge d'aller herboriser en Libye et en Egypte «là où
Tournefort n'a pas été». Cette tâche accomplie, le Ministre le laisse libre
de visiter l'Ile de Chypre, le Levant, la Mésopotamie.
Granger adresse au Ministre des Lettres et des Mémoires qui font le
point sur ses «campagnes d'herborisation». Il envoie régulièrement des
graines, des arbres, des plantes, qui enrichiront les collections du Jardin du
Roi. Il rend compte de ses recherches sur le mystérieux «Pays pétrifié».
Il informe sur le commerce, l'industrie et les gouvernements des pays
visités, sur les négociants français et les religieux rencontrés.
Archéologue, il relate sa découverte du site de Guerzé en Tripolitaine, ses
visites à Apollonia, Cyrène, Ptolémaïs en Cyrénaïque, Ba'albek et
Palmyre au Levant, Ctésiphon et Babylone en Mésopotamie.
Granger ne recherche pas les effets, il observe et écrit avec une
précision «chirurgicale». Son style peut surprendre car il n'a pas reçu
l'éducation réservée à ceux qui avaient les moyens de fréquenter Collèges
et Universités.