Bifrost, n° 38. Dossier Ruelland, Steiner et cie

- Je... sommes-nous bien... où je pense ?
bredouilla Peck.
- Oui, répondit Ambel. On retourne au
bateau.
Au même moment, la brousse se déchira
et un bras en surgit. Un bras long de six
mètres, fin et apparemment dur comme
l'os. La main, d'un bleu presque noir,
mesurait deux mètres du poignet aux
phalanges. Elle cueillit Peck et l'aspira
dans les fourrés. Erlin vit ce qui se
trouvait à l'autre extrémité du membre
et eut de la peine à y croire. Le pauvre
homme hurlait à pleins poumons. Un
rire sonore et des gloussements
d'aliéné vinrent se joindre à ses cris
tandis que la forêt dense se refermait.
Puis le vacarme cessa.
- On n'est pas dans la mouise !
s'exclama Ambel.
Un euphémisme aux yeux d'Erlin.
- On retourne à la barque, maintenant,
hein ? demanda Boris, fébrile.
- Vas-y, et emmène la Terrienne avec
toi !
Ambel pénétrait déjà dans le labyrinthe
luxuriant.
- C'était quoi ? demanda la jeune
femme.
Boris eut un sourire forcé.
- Oh ! ca ? C'était l'Ecorcheur.