Vivre avec le loup ? : trois mille ans de conflit

Alors que le loup recolonise l'Europe, la question de la
«cohabitation» ne se cantonne plus aux «espaces naturels». Les
régions de plaine sont touchées. Au regard de l'histoire, le processus
de «restauration» qui s'effectue tient à l'inversion du statut de
l'animal sauvage : jadis «nuisible», le loup est devenu, à marche
forcée, «strictement protégé».
Devant ce retour inédit, les hommes se divisent, comme ils l'ont fait
des siècles durant pour chasser leur concurrent. Tandis que l'on hésite
pour trouver des compromis, le loup étend son territoire. Aujourd'hui il
place les sociétés humaines dans une situation inéquitable : une minorité
paie le prix des décisions prises en haut lieu. Frappés de plein fouet,
éleveurs et bergers protestent. La situation contraste avec le temps où un
consensus régnait entre villes et campagnes.
Dans cette situation d'urgence un état des lieux s'impose à la lumière
du passé et du présent, en France comme à l'étranger. Du 9 au 12 octobre
2013, une rencontre a réuni pour la première fois historiens et sociologues,
géographes et écologues, chercheurs et spécialistes, acteurs et
victimes, témoins et observateurs. Elle s'est tenue à Saint-Martin-Vésubie
dans les Alpes-Maritimes, site emblématique du loup. En voici les résultats
qui interpellent les politiques et les opinions publiques. Vingt ans de
recolonisation engagent les décideurs à tenir compte des réalités, après
une réflexion contextualisée selon les territoires. L'homme et le loup ? Un
contrat à renégocier.