Des égarées : portraits des femmes mystiques du XVIIe siècle français. Divine salutation des membres sacrez du corps de la glorieuse Vierge Mère de Dieu

Égarées sont des femmes qui se délièrent des
promesses, assurances et convenances de leur
temps, de leur famille, de leur rang, ou même de
l'humble part de leur condition sociale, pour
s'attacher uniquement, parfois aussi jusqu'à
plénitude et déréalisation, à la présence d'amour
inscrite, au vif, au fond et fondement, par la figure
du dieu crucifié et sacrifié de la révélation
chrétienne. Égarées au regard des puissances
profanes. Égarées aussi dans la trame d'une
aventure intérieure nullement préméditée mais qui
les a saisies à un moment de leur parcours et qui
n'a jamais cessé de les dépasser, dans l'entendement
de leur indignité. Elles sont sans voix ou
presque. Elles ne parlent ni pour la féminité, ni
pour la catholicité. Elles se tiennent en marge,
seules, tout à fait seules à témoigner de leur
passion. Même l'Église n'a pas eu l'audace de les
inscrire sur les tablettes de son martyrologe.
Égarées demeurent-elles jusqu'à la fin.
C. L. - C.