Histoire universelle de la musique et de la théorie musicale

Depuis environ un millénaire, la musique a beaucoup évolué, et pas
toujours dans le bon sens : réduction de la tonalité à 2 modes (majeur
et mineur), disparition des anciens micro-tons, développement de la
Polyphonie au détriment de la monodie, suprématie des accords sur
la mélodie, etc. Par ailleurs, on a négligé tout un pan de l'héritage
de l'Humanité, la musique traditionnelle : celle des ménestrels
(troubadours, trouvères). Il ne s'agit pas de musique folklorique mais de
musique monodique raffinée que les historiens ne classifient pas dans
le genre «savant».
De nos jours un «musicologue» est un auteur qui étudie la musique
et son histoire, et il est généralement un bon musicien. Dans le passé
c'était différent, on parlait de «spéculation», ancien terme désignant
la théorie (en musique). Les théoriciens-spéculateurs, qui étaient des
ecclésiastiques peu enclins à la pratique musicale, établissaient des
règles que les compositeurs devaient respecter. Il y avait D'Arezzo qui
a défini une échelle musicale dont le seul résultat a été de supprimer
les quarts de tons et d'instaurer un langage semi-tonique rigide ne
contenant que des intervalles standards de ton et demi-ton. L'Europe
n'a connu l'échelle heptatonique que vers le début de la Renaissance,
grâce à Ramos de Pareja. Celle de Zarlino était impraticable à cause de
tons de tailles différentes. Pietro Aaron a élaboré l'échelle méso-tonique
mais elle nécessitait plus de 12 notes par octave, 19 exactement. Des
claviers (orgues ou clavecins) à 19 touches, difficiles à manipuler, ont
pourtant existé. Les instruments à cordes (surtout avec frettes) et leur
graduation duodécimale ont pesé lourd dans la suite des évènements.
Après le chiffre 7 imposé par la Nature, on pourrait penser qu'une force
divine a imposé le nombre 12, tous deux mythiques.
Toutes ces «incohérences» nous ont amené à aller voir ce qui se
passe ailleurs. D'autres Civilisations ont eu un passé glorieux, une
culture développée et un art très raffiné, et c'est en musique où elles se
sont le plus distinguées. Les musiques orientales (turque, perse, arabe,
indienne) sont d'un raffinement inouï, et elles sont souvent ignorées par
l'intelligentsia européenne, une bonne partie de cet ouvrage leur est
dédiée. D'où le titre : Histoire Universelle...