Les prélèvements obligatoires des indépendants

La création du régime social des indépendants en 2006 et le fait de lui avoir
confié une mission d'interlocuteur social unique pour l'ensemble de leur
protection sociale à partir de janvier 2008 traduisent une évolution importante
affectant le régime de prélèvements obligatoires des non-salariés.
La catégorie des indépendants est entendue dans ce rapport au sens le
plus large, celui de personnes exerçant une activité professionnelle sans
subordination juridique permanente à un donneur d'ordre. Ainsi les exploitants
agricoles, dont les particularités ont souvent justifié une approche
séparée, relèvent-ils clairement de cette catégorie.
Minoritaires au sein de la population active, les indépendants sont en effet
au coeur de réformes importantes dont le rythme n'a pas ralenti depuis le
vote de la loi du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises.
C'est que la petite entreprise, au centre des débats théoriques sur
la croissance, est également une réalité incontournable de l'économie
nationale, comme le montre le nombre de créations, qui n'a jamais été
aussi élevé. Les débats sur les aides aux entreprises, les dépenses fiscales
ou sociales en leur faveur sont ainsi permanents, se concrétisant souvent
dans des dispositifs nouveaux qui n'ont, eux non plus, jamais été aussi
nombreux.
Ces raisons auraient suffi à justifier que le Conseil des prélèvements obligatoires
consacrât ses travaux aux indépendants, d'autant que le sujet a
rarement fait l'objet d'études approfondies dans un passé récent et que des
éléments de synthèse apparaissent nécessaires afin de mieux cerner les
interactions fortes entre prélèvements sociaux et fiscaux, les mécanismes
d'abattement et d'exonération, l'effort contributif des indépendants et les
arbitrages qu'ils opèrent pour optimiser leur assujettissement.
Ce thème apparaît en outre particulièrement adapté à l'objet même du
Conseil, qui est de proposer des études synthétiques sur des sujets relatifs
aux prélèvements obligatoires, en s'étant substitué au Conseil des impôts
dont les rapports se consacraient exclusivement à la sphère fiscale.