L'homme qui marche

«Ne cherchait-il pas à gagner du temps en pesant le pour et le contre, comme
si une destination devait s'apprécier de la même façon que se mesure la résistance
d'un matériau ?»
Une série de pannes mystérieuses trouble la tranquillité du foyer. Tandis qu'à
longueur de nuit brillent les lettres d'un panneau publicitaire : V.i.t.a. N.o.v.a...
Voilà qui chasse de la ville Yvon et Charlotte, un couple plus qu'ordinaire, du
jour au lendemain. Mais ils ignorent qu'une terrible explosion va entre-temps
les séparer de leurs enfants. Et les condamner à une dérive où les événements
réels se doublent bientôt d'une réinterprétation irrésistible. Au fil d'une téléréalité
imposée, engageant les forces d'une population de déracinés comme
eux conduits à scruter au plus près la trame et le sens réel de leurs existences.
Écrasées par le quotidien, elles tombent bel et bien au niveau des «produits»
et des «marchandises».
Ce roman scopique du nomadisme moderne explore de manière saisissante
les peurs et les désirs nés de la volatilité ambiante. Le récit de vie, qui se forme
contre vents et marées du fond d'un temps et d'un espace sans fin ni origine, rend
peu à peu à L'Homme qui marche son espérance, consacrant l'art du romancier.
Une «traversée des signes» virtuose et fascinante.