Le dernier pénalty : histoire de football et de guerre

Que se serait-il passé si Faruk Hadzibegic, Bosniaque de
Sarajevo, n'avait pas raté son pénalty, le cinquième et fatidique
tir au but, en quart de finale de la Coupe du monde de football,
le 30 juin 1990, à Florence ? Le destin de l'équipe nationale
de Yougoslavie en aurait-il été durablement changé ? Rien n'est
moins sûr. Car les lézardes étaient déjà nombreuses et profondes
dans la façade de l'unité longtemps préservée par Tito, mort dix
ans auparavant. Les gradins des stades étaient, depuis plusieurs
mois, chauffés à blanc par les meneurs des extrémismes identitaires,
serbes, croates et bosniaques. Et bientôt, les supporters des
virages allaient devenir les miliciens d'une guerre fratricide où
l'Europe, impuissante et figée, aura perdu une partie de son âme.
Par son enquête et son rapport détaillé des faits et des circonstances,
Gigi Riva permet de réveiller une page cruciale de
l'Histoire récente, où le ballon rond agit comme un révélateur
des forces obscures en jeu.