Le premier nome de Haute-Egypte du IIIe siècle avant J.-C. au VIIe siècle après J.-C. : d'après les sources hiéroglyphiques des temples ptolémaïques et romains

Le premier nome de Haute-Egypte du IIIe siècle avant J.-C. au VIIe siècle après J.-C. : d'après les sources hiéroglyphiques des temples ptolémaïques et romains

Le premier nome de Haute-Egypte du IIIe siècle avant J.-C. au VIIe siècle après J.-C. : d'après les sources hiéroglyphiques des temples ptolémaïques et romains
Éditeur: Brepols
2009ISBN 9782503527246
Format: BrochéLangue : Français

Le premier des territoires administratifs pharaoniques qui, à la suite des

Grecs, reçut l'appellation de nome est né d'une géographie historique

créée par les conditions mêmes de l'existence humaine dans le Sud de

l'Égypte. Lié, dès les origines, aux confins de l'Afrique orientale et à la limite

naturelle de la Vallée que forme la dernière cataracte qui barre le cours du Nil, il

était aussi le réceptacle du miracle vital de la crue annuelle. Ce phénomène naturel

fut tenu par les anciens Égyptiens comme une preuve de la sollicitude divine

envers leur nation et les lieux où il se manifestait acquit une sacralité sans égale.

Plus de trois millénaires durant, l'histoire de la région méridionale, conséquence

de sa nature de porte stratégique de la Nubie et de l'Est africain, marqua le

destin de l'Égypte elle-même. En ce domaine, les documents anciens abondent,

mais ne recèlent que peu de précisions sur les espaces géographiques formant

alors le premier nome du Sud et sont presque muets sur les données théologiques

qui fondent l'intense rayonnement religieux que connaissent les acteurs

divins du miracle du flot salvateur sur toute l'étendue de la Vallée. Ce n'est que

vers le IVe siècle avant notre ère que la consignation des archives sacrées sur les

parois des temples qui se multiplient alors en Haute-Égypte permet d'accéder

aux sources les plus précieuses. Appelées aujourd'hui «processions géographiques»,

associées à des scènes d'offrandes spécifiques, elles régnent sur tous

les soubassements des parois des sanctuaires rénovés aux temps gréco-romains.

Que ce soit vers le nord d'Assouan à Dendara, ou vers le sud de la Cataracte à

Qasr Ibrim de Nubie, cortèges et tableaux sont toujours ouverts par l'incarnation

du Premier de tous les nomes, To-Seti. Le territoire, désormais, abrite un

nouveau lieu de culte, le plus renommé de tout le monde antique, le temple de

Philae, où l'on vénère la reine universelle, Isis, mère d'Horus le Sauveur. Pour elle

et par elle, devenue garante de la paix civile et de l'unité de l'Égypte, sa protectrice

contre les menées des envahissants royaumes soudanais, les nouveaux

conquérants, Lagides d'abord, Romains ensuite, vont de concession en concession.

Ils modifient en l'agrandissant l'espace géographique du nome et, de plus,

offrent à son clergé, pour l'entretien du culte de la Reine et Mère, un patrimoine

inégalé dans la Nubie voisine. Ainsi furent érigés comme terres d'Isis, entre

Assouan et Ibrim, le Dodécaschène et le Triakontaschène. Longtemps après la

proscription des cultes païens par le Christianisme vainqueur et peu avant l'avènement

de l'Islam, Philae accueillait encore des fidèles d'Isis, bien que quelques

prêtres aient encore perpetué son souvenir.

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