Clergés, communautés et familles des montagnes d'Europe : actes du colloque Religion et montagnes, Tarbes, 30 mai-2 juin 2002

Les montagnards sont-ils différents ? Sont-ils façonnés par l'espace qu'ils
arpentent ? D'où vient leur esprit de famille ou, si l'on préfère, leur goût
pour les clans ? On a vu parfois dans les montagnes archaïques et solitaires
des réservoirs de prêtres, on a dit qu'elles hébergeaient facilement les
maquisards, les insoumis, les sorciers, les juifs, les cathares...
Vingt-neuf chercheurs sont allés voir de près. Ils ont bien découvert des
familles de prêtres, de ces clans qui donnent à leurs cadets les bases de
l'écriture et de la lecture : de quoi en faire en effet des prêtres, mais aussi
des colporteurs et des instituteurs... Ils ont mis en valeur la singularité de
ces clergés montagnards : prêts à se sacrifier pour leurs familles, pour leurs
ancêtres, pour leur foi, pour un absolu, dans toutes les religions, et surtout
en cas de faiblesse des pouvoirs supérieurs. Ils ont vu que ces familles
devaient trouver en elles-mêmes les règles de leur survie : des subsistances
pour le corps, les écritures pour rendre des comptes ; des symboles pour
rêver, des rites pour échapper à l'angoisse et d'autres pour maintenir la vie
à tout prix. Espace fragile, isolé, grandiose, la montagne s'impose à l'homme
dans ses excès. Les hommes des montagnes croient toujours qu'ils ne sont
pas tout à fait comme les autres, même et surtout quand ils sont en plaine.