La psychanalyse dans le monde arabe et islamique : 6-8 mai 2005, Beyrouth, Palais de l'Unesco

La question de la place de la psychanalyse dans le monde arabe et musulman
se déploie à l'intersection de champs aussi divers que la politique,
la religion, la linguistique, la sociologie et la médecine.
Historiquement, l'implantation de la psychanalyse dans un pays s'est
avérée dépendre tant de l'existence d'un régime véritablement démocratique
que de la préexistence d'un savoir psychiatrique local.
Or les pays arabes, à quelques exceptions près, n'ont guère fondé
de réelles démocraties. La situation en matière de droits des citoyens
- des droits des femmes en particulier - y reste le plus souvent très préoccupante.
Certains débats de société sont éludés ou interdits, d'autres
s'effectuent dans l'espace restreint des langues de bois officielles, et si les
percées de liberté existent, elles demeurent l'exception.
Dans ce contexte, mais aussi au regard de la conception de la pathologie
et de la pratique actuelle du soin mental dans les pays arabes et
musulmans, le discours psychanalytique peut-il trouver une place ?
C'est pour apporter des éléments de réponse à cette question, en la
soumettant aux regards croisés de différentes disciplines, que le colloque
«La psychanalyse dans le monde arabe et musulman» a été organisé à
Beyrouth du 6 au 8 mai 2005. Durant ces journées, dix-sept intervenants
d'origines et de spécialisations diverses ont cherché à identifier
les types de discours d'autorité et de liberté à l'oeuvre dans les cultures
arabes et islamiques et à interroger les refoulements qui peuvent naître
de la religion. Ils ont également essayé de retrouver ce qui, dans les
richesses de la langue arabe et les formations de l'inconscient qu'elle
génère, permettrait de favoriser l'émergence de la psychanalyse dans
cette partie du monde.