Descartes, promesses et paradoxes

Descartes est connu pour être le philosophe des «fermes
et constantes résolutions». Comment expliquer alors qu'il
critique sévèrement les «promesses», dans les maximes
de la «morale par provision» du Discours de la Méthode ?
Une résolution, en effet, n'est-elle pas une manière de
promesse à soi-même ?
Suivant ce fil, le présent ouvrage propose un parcours
entièrement original dans la correspondance, l'oeuvre
et la vie de Descartes. La mise en évidence, dans le geste
cartésien, d'une dévalorisation et d'une valorisation
simultanées des promesses (mais aussi des voeux,
des serments, des contrats), permet de jeter une lumière
nouvelle sur la morale de la générosité, sur les plus
célèbres créations conceptuelles de Descartes (création
des vérités éternelles, création continuée, liberté
d'indifférence et liberté infinie), mais aussi sur le singulier
«métier d'auteur», qui conduisit le philosophe, tout au
long de sa vie, tantôt à vouloir «désavouer» ses écrits
(comme autant d'engagements), et tantôt à les défendre
avec la dernière opiniâtreté, dans les multiples querelles
et polémiques auxquelles il fut mêlé.
Plus généralement, les constants paradoxes cartésiens
témoignent ici des infélicités structurelles du régime de la
promesse.