Mallarmé et après ? : fortunes d'une oeuvre : colloque de Tournon & Valence, 24-28 octobre 1998

En des temps où se célébrait un peu partout un Mallarmé-tel-qu'en-lui-même-enfin...,
l'idée d'un Mallarmé «tel qu'en les
autres aussi...» a paru s'imposer. Le sort ( fortuna ) d'un écrivain
majeur est peut-être de donner sa chance à l'avenir, en le dotant
d'un capital qu'il appartient à d'autres d'exploiter, d'augmenter
ou de brûler. Pour désigner «l'après» d'une oeuvre, ce vieux
mot de fortune est peut-être le moins calamiteux, malgré (?)
ses connotations économistes. Il suffit, pour le comprendre, de
lui comparer «influence», «héritage», «école», «filiation»
ou encore «postérité». Loin des affaires de famille mais près
des oeuvres, l'on s'est proposé, au Colloque de Tournon (24-27
octobre 1998) d'interroger les théories et les pratiques de ceux
qui, lisant Mallarmé, en ont tiré quelque profit ou conséquence
dans leur travail, des voies nouvelles que l'on se devait d'explorer
tant sur le front de l'écriture, poétique, romanesque, critique
ou mixte, que du côté d'autres arts (musique, peinture). Le
Colloque a réuni des chercheurs, théoriciens, écrivains, venus
d'horizons multiples : Thierry Alcoloumbre, Michel Beyrand,
Marcel Bénabou, Jany Berretti, Nicole Biagioli, Daniel Bilous,
Jean-Pierre Bobillot, Eric Clemens, Didier Coste, Pascal Durand,
Vincent Kaufmann, Mireille Ribière, Jean Ricardou, Léon Robel
et Bernardo Schiavetta. Plus que de commémorer un écrivain qui
disait «n'existe[r], et si peu, que sur du papier, préférablement
blanc», il s'est agi, pour ceux-là, de prolonger sa réflexion et
son travail, sans se dissimuler le caractère inexorablement
inachevé de l'entreprise. Au reste, pour laisser au poète l'avant-dernier
mot, «un livre ne commence ni ne finit. Tout au plus
fait-il semblant».
Daniel Bilous