La vie au bout des lèvres : Martine tétraplégique ou L'espoir d'une vie meilleure

Ce drame m'est arrivé à 35 ans, à l'âge où la femme est la plus épanouie. J'avais tout: un mari, deux adolescentes, une vie agréable.
Rien n'est jamais acquis, tout peut basculer du jour au lendemain. Je n'ai pas eu le choix: soit j'acceptais l'opération, soit je quittais ce monde. Hélas, le résultat ne fut pas celui attendu. Depuis dix-huit ans, je suis obligée de vivre loin des miens, dépendante de tout, sans aucune motricité du bout des orteils à la racine des cheveux, ayant perdu toute pudeur féminine.
Il me reste l'intelligence, la parole, une vue aléatoire selon la position de ma tête.
Heureusement il m'arrive d'avoir de bons moments, des fous rires avec mes amies, ce qui évite la glissade vers le désespoir.
N'ayez pas peur des handicapés, ne nous évitez pas, nous sommes des êtres humains.