Carnet de route

«Faire la route», une mode, un art de vivre ? Que cache une telle
errance, cette folle liberté ? Il faut l'avoir vécue de près pour en
parler avec quelque vérité.
Arraché à l'aisance aristocratique, trahi par sa mère, André très
jeune, est précipité dans la dure expérience de la route, la solitude,
la drogue. A travers ce texte nous suivons ses pas qui l'ont conduit
des chemins caillouteux, du pavé des rues incertaines... aux portes
de la grâce. Jusqu'à fonder une famille et s'intégrer à un peuple plus
nombreux dont les liens d'amour tissent l'Eglise.
Par ce témoignage, André dévoile aussi les raisons profondes qui
nous poussent à créer un abri pour accueillir ceux qui, chassés loin
de leur demeure en ruine, désirent étancher leur soif. Rassasier leur
âme. «Reçois dans ta maison le malheureux sans abris (...) partages
ton pain (...) dénoue les liens de la méchanceté... renvoie libre.»
«Ma première rencontre avec ce manuscrit fut d'une émotion tout
aussi intense qu'imprévue. André y exprime avec des mots justes,
choisis, la souffrance des exclus, leurs parcours. J'y trouvais l'écho
de ma propre vocation. Ce récit peut s'écouter comme une longue
confidence, le coeur disponible. Un peu comme une promenade
où l'on prend le temps d'être avec l'autre. De communier comme
un bonheur qu'on savoure. On quitte à regret un tel livre tant on
voudrait prolonger ce moment.»
Daniel Issarte, pasteur et responsable d'une maison
d'accueil protestante en Cévennes.
Extrait :
«Ce que j'étais en train de vivre, il m'a semblé qu'il ne me serait
jamais possible de le décrire. La pluie, le froid. Trouver un manteau.
Tout se paie : l'eau à boire, le morceau de viande, le pain. Il ne me
restait plus qu'à marcher. Par un ultime soubresaut d'existence. Sans
s'arrêter. Avancer pour ne pas tomber. Avancer pour aller plus loin.
Plus loin est comme ici. Alors, plus loin encore. Jusqu'à ce que je me
rende compte qu'il n'y a plus, de "plus loin". Que plus loin est ici.»