Un cri d'ailleurs : récits

Un Cri d'ailleurs
Milena se lève à l'aube ce matin-là. Elle s'est éveillée en sursaut. Elle garde le souvenir d'une pince lui arrachant les paupières.
Jamais, elle ne put me raconter avec certitude s'il s'agissait d'une paire de pinces ou de tenailles : sans doute juste une question de vocabulaire...
Après ses paupières ce furent ses tétons qu'elle sentit enserrés entre deux bouts de métal. Deux pressions soutenues lui arrachèrent un cri de douleur, puis d'un seul coup d'un seul, les fils électrisés sur ses seins lui firent contracter la mâchoire. Roulé en boule, le tissu enfourné dans sa bouche l'empêcha de hurler...
Plus que la douleur, au-delà de l'intolérable, le souvenir de l'odeur la fait bondir de son lit... Puanteurs de peau brûlée, de salmigondis ordurier, de remugle, de sordides murs transpirant la souffrance, la cruauté, l'ignominie avec pour seul témoin une lumière blafarde, elles restent tout aussi incrustées à ce jour dans la vie de Milena que ces écrits d'ailleurs.
La nuit expire, le jour commence à peine.