Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 102. Les Pères et le paganisme

«Deux amours ont fait deux cités : l'amour de soi
jusqu'au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l'amour de
Dieu jusqu'au mépris de soi, la Cité céleste.
L'une se glorifie en elle-même, l'autre dans le Seigneur.
L'une demande sa gloire aux hommes ; pour l'autre, Dieu
témoin de sa conscience est sa plus grande gloire. L'une dans
sa gloire dresse la tête ; l'autre dit à son Dieu : "Tu es ma gloire
et tu élèves ma tête." L'une dans ses chefs ou dans les nations
qu'elle subjugue est dominée par la passion de dominer ; dans
l'autre on se rend mutuellement service par charité, les chefs en
dirigeant, les sujets en obéissant. L'une, en ses maîtres, aime sa
propre force ; l'autre dit à son Dieu : "Je t'aimerai, Seigneur, toi
ma force" ( Ps 17, 2).
Aussi, dans l'une, les sages vivant selon l'homme ont recherché
les biens du corps ou de l'âme ou des deux ; et ceux qui ont
pu connaître Dieu "ne l'ont pas glorifié comme Dieu ni ne lui
ont rendu grâces, mais se sont égarés dans leurs vains raisonnements
et leur coeur insensé s'est obscurci ; s'étant flattés d'être
sages, ils sont devenus fous : ils ont substitué à la gloire du Dieu
incorruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des serpents ;
et ils ont décerné le culte et le service à la créature plutôt
qu'au Créateur qui est béni dans les siècles" ( Rm 1, 21-24).
Dans l'autre, au contraire, il n'y a qu'une sagesse, la piété
qui rend au vrai Dieu le culte qui lui est dû, et qui attend
pour récompense en la société des saints, hommes et anges,
"que Dieu soit tout en tous" ( Rm 1, 25).»