Le mur de Sharon

De 70 à 100 mètres de large, avec fossés et barbelés, un mur de béton
de 8 mètres de haut équipé de caméras et de mitrailleuses télécommandées,
le tout sur 700 km : la «barrière de sécurité» érigée par Tsahal
«pour stopper l'infiltration des kamikazes palestiniens» se met petit à
petit en place, sous l'oeil bienveillant des États-Unis.
Englobant les colonies juives et les terres agricoles de Cisjordanie, le
mur coupe en deux ou isole des villages palestiniens ; sépare les membres
d'une même famille ; les élèves de leurs écoles ; les paysans de
leurs champs ; les fidèles de leurs lieux de prière. Ce «mur de la honte»,
comme le surnomment les Palestiniens, est bâti dans l'indifférence
totale de la communauté internationale.
Grand reporter, spécialiste du Moyen-Orient, Alain Ménargues fait un
état des lieux saisissant de l'histoire de ce projet pharaonique qui,
réalisé au mépris des résolutions de l'ONU, anéantit toute chance de
réconciliation des deux frères ennemis.