Dieu en France et aux Etats-Unis : quand les mythes font la loi

La même année, alors que la France votait une loi interdisant
le port de signes religieux «ostensibles» dans les
écoles publiques, les États-Unis réélisaient un Président,
en grande partie sur sa promesse de faire dépendre encore
plus étroitement ses actions et positions politiques de
la religion. Comment doit-on considérer une telle différence
d'attitude entre ces pays, alors qu'ils se réclament
tous deux du respect des droits de l'homme, de l'égalité
et de la liberté, et que État et religion y ont chacun son
domaine précis ?
Cet essai propose une réponse innovante et audacieuse :
même si les Américains assurent fermement que leur
Constitution est fondée sur le principe de la «liberté religieuse»
tandis que les Français considèrent que la laïcité
est la pierre angulaire de leur République, il semble que
ces principes révérés fonctionnent avant tout comme des
mythes fondateurs qui forcent le droit. Tout en appliquant,
avec vigilance et envers tous, ces principes constitutionnels
chèrement et péniblement établis, les dirigeants de
ces deux pays ont en effet la prétention d'exprimer la vox
populi qui veille sur l'unité nationale.
Les auteurs - une Française et un Américain - étudient
et analysent chacun les mythes fondateurs de son propre
pays et en offrent une perspective critique.
Ils constatent que le désir de satisfaire l'opinion
publique passe bien souvent, dans ces États de droit, par
le prisme de la mythologie identitaire au détriment des
idéaux constitutionnels prônés : tolérance, neutralité et
liberté.