Liberté, liberté trahie... : faire et défaire des citoyens français, Guyane 1780-1880

Ils résident sur le sol français sans bénéficier des droits
du citoyen. Ils vivent sur une terre française mais sous un
régime d'exception. Ils relèvent des lois nationales mais ne
peuvent prétendre aux mêmes droits que l'ensemble de la
Nation. Tel est le sort de ceux qui vécurent en Guyane de la
Révolution jusqu'aux premières décennies de la III<sup>e</sup> République.
Anciens esclaves, ennemis du Peuple, bagnards et forçats en fin
de peine, exilés politiques... Le destin juridique et institutionnel
de la Guyane concentre en lui les contradictions de l'universalisme
à la française. À l'ombre de la «liberté chérie» se développe
durant plus d'un siècle un espace officiel de liberté trahie.
Au travers du cas guyanais, Miranda Spieler met en valeur les
paradoxes et les non-dits de la citoyenneté, telle qu'elle s'est
construite en France. Liberté, Égalité, Fraternité - certes.
Mais qu'en est-il en pratique ? Ici revivent plusieurs dizaines de
milliers d'hommes et de femmes qui n'avaient de place nulle
part.