Fonds des Nègres

Pour Marie-Ange, jeune citadine venue habiter chez sa grand-mère,
l'arrivée au village de Fonds-des-Nègres est un choc. Elle n'y voit que des
paysans misérables, une terre qui ne produit plus et la faim qui tenaille
des enfants vêtus de loques...
Ayant à faire face à l'hostilité de certains villageois, elle trouve malgré
tout sa place, partage la vie des habitants, s'initie aux rites vaudou grâce au
houngan, le vieux prêtre surnommé respectueusement papa , et qui va lui
vouer une affection recelant peut-être des desseins inavouables. Il règne en
maître sur le village, fustigeant les paysans qui se plaignent de la pauvreté,
les mettant face à leur responsabilité pour le déboisement irraisonné et
l'érosion qui en a suivi, entraînant toutes les terres arables.
Lorsque Marie-Ange rencontre Ti-Fa, le fils Facius et qu'une idylle
naît entre eux, elle doit à nouveau affronter l'opprobre des villageois.
Les Facius ont su conserver des plantations et jouissent d'une terre nourricière,
source de jalousies et d'animosité. Elle songe alors à retourner dans
la capitale, même si elle n'y compte plus de famille.
Soudain, une angoissante menace va peser sur Fonds-des-Nègres.
Marie-Ange, Ti-Facius et papa le houngan vont alors s'unir et tenter
d'amener les paysans à sortir de leur passivité et de leur individualisme
pour faire front commun.
Avec Fonds des Nègres , l'auteur fait une nouvelle fois preuve de son
talent et de sa modernité, s'éloignant des romans mettant en scène la
paysannerie haïtienne, trop souvent tournés vers un réalisme naïf.