L'intemporelle fragilité de l'inconscient : clinique de l'être et de la lettre

L'intemporelle fragilité de l'inconscient
Clinique de l'être et de la lettre
« Venant d'un sémioticien sans pareil, R. Barthes, auteur, entre autres, d'un Empire des signes , ce signe (du lancer de sa « côtelette ») dut représenter un geste mythique, à la manière du lancer de la massue en os de la part de l'homme préhistorique qui ouvre le film 2001, l'Odyssée de l'espace , de Stanley Kubrick. Ce récit commence tel un conte, « Un jour... », et s'achève par la dispersion romantique des cendres du héros. A moins qu'il n'y ait l'évocation du sort de Polynice, « cadavre sans sépulture, pâture et jouet des oiseaux ou des chiens ». Entre ces deux extrémités, on entend la métaphore d'une existence vécue sous le capitonnage du verbe oser. « N'osant pas m'en débarrasser... », « ... jusqu'à oser jeter ce bout de moi-même... ». Oser, remarquez, appelle le dépassement d'un tabou, d'un interdit. Il est l'anagramme d'Eros. « Jusqu'à oser jeter ce bout de moi-même : éros... », pour que soit Thanatos ! Que reste-t-il au sujet, au vivant, lorsqu'il jette son petit bout d'éros dans la rue ? Pousserai-je le jeu des signifiants, leur insistance répétitive, jusqu'à dire qu'une côtelette termine toujours sa course per os ? Par la bouche ? Tote mund tabu... »
C.T.