Le corps du délit

... Une folie du corps où s'exprime enfin le désir innocent et
heureux ! Si impérieux qu'il abolit l'idée même de la mort !
Ainsi rien n'est plus charmant, rien n'est plus grisant, rien
n'est plus gai que le début des Noces. La mort n'existe pas.
L'amour de Figaro pour Suzanne l'a vaincue d'avance. Ils ont
une éternité de vie devant eux... pendant cinq minutes
encore. Mais gare au comte, Figaro !
[...]
Les textes en prose d'Yves Boisseleau invitent le lecteur à une
promenade poétique et ludique autour du mot corps et de sa
riche polysémie. Expériences réelles, évocations littéraires, picturales
ou musicales constituent le point de départ de ces variations
entre vagabondage du sens et détournement culturel.
La peinture de Christian Gardair, place en regard de ces
poèmes des tableaux qui sont aussi des variations. Sa peinture
ne peut exister , écrit Jean-Michel Maulpoix, que sur le mode
sériel, chaque tableau en appelant d'autres à sa suite.
Variations dans la répétition , ce sont autant d'affirmations de
sa liberté. Tout l'art , dit-il volontiers, est dans la vigueur du
parti-pris. Ainsi l'artiste met à son tour le texte en mouvement,
lui donne du jeu en élargissant son espace.
Dialogue lumineux d'un peintre et d'un poète qui a déjà
publié des carnets de voyage au Chili ( Tableaux Chiliens , éditions
Cosmigonon, Université de Concepción, Chili, 2005).