Savoirs, n° 7. Economie et formation

Lier l'économie à la formation est une entreprise complexe qu'ont investie avec précaution certains chercheurs depuis les années 1950. Elle entrelace deux opérations délicates: évaluation de la dépense de formation et appréciation rigoureuse de son efficacité. Le coût du maintien et/ou de l'amélioration de la performance des individus est bien l'une des questions premières dans le contexte du travail et, partant, des économies nationales. Pourtant, et malgré l'évidence des enjeux, l'économie reste une mal-aimée des sciences de la formation, réunissant des travaux disparates, peu théorisés, peu visibles.
Ce numéro aborde la question des recherches en économie de la formation depuis les années 1970, à travers trois périodes d'invention (1970-1985), de construction (1985-1995) et d'accumulation (1995-2005). Mais la question préalable est l'incertitude de l'existence de ce champ propre. Y a-t-il une réalité homogène de l'économie de la formation, ou ne serait-ce qu'une appellation factice qui en recouvre les multiples sens et variantes: poids de la formation dans l'économie, impact de l'une sur l'autre au niveau macro comme au niveau micro, recherche du retour sur investissement? Derrière l'avènement annoncé de la «société de la connaissance», c'est en fait toute une réflexion sur l'économie du savoir qui est en jeu, où le statut de celui-ci, devenu objet de transactions et de calculs économiques, est encore en suspens.
La revue «Savoirs» a pour vocation de favoriser la production, la valorisation et la mise en débat des synthèses et des résultats de travaux de recherche (thèses, recherches sur contrat, symposium, notes d'habilitation à diriger des recherches, etc.), réalisés dans le champ de la formation des adultes. Elle souhaite contribuer ainsi à la compréhension des systèmes d'éducation et de formation.
Sandra Bellier, Bernard Blandin, Pierre Caspar, Gilles Dieumegard, Marc Durand, Françoise F. Laot, Faten Loukil, André Voisin ont participé à ce numéro.