Foi et philosophie politique : la correspondance Strauss-Voegelin, 1934-1964

Les époques d'instabilité
et de désordre politique
coïncident généralement
avec un développement
de la science politique.
En atteste une fois de
plus la Correspondance
qu'entretinrent ces «deux géants de la science politique», Leo
Strauss et Eric Voegelin, tous deux contraints par la révolution
national-socialiste à s'exiler aux États-Unis. Dans la cinquantaine
de lettres échangées, dont le coeur se constitue au cours des
années 1942-1953, le lecteur assiste à la gestation des deux grands
théoriciens politiques de ce début de siècle. L'échange de vues
concernant la restauration du niveau de questionnement platonico-aristotélicien,
leur lecture divergente des dialogues de Platon, la
critique virulente qu'adresse Voegelin à l'egologie husserlienne
ainsi qu'à sa réduction de l'Humanité incarnée par l'homme occidental
ou encore à son interprétation de l'histoire à travers le telos
qui se révèle en elle, la divergence d'appréciation concernant la
tyrannie moderne, enfin leurs critiques réciproques de l'existentialisme
retiendront particulièrement l'attention.
Mais le désaccord irréductible entre les deux penseurs porte bien
évidemment sur le rôle de la foi et de la philosophie politique, ainsi
qu'en témoigne le sous-titre de cette Correspondance , désaccord
dont le lecteur trouvera témoignage dans les quatre essais, datant
de la période de la maturité des deux auteurs, dont trois inédits,
qui composent la seconde partie de ce volume.
La troisième partie rassemble huit essais d'éminents spécialistes
de l'un ou l'autre penseur, commentant les problèmes soulevés
dans la Correspondance et, plus généralement dans l'oeuvre des
deux auteurs.