Le général Huard : baron de l'Empire, 1770-1812

Si nous savons tout sur la rapidité ou la lenteur des avancements,
le nombre de blessures et l'importance des donations, les hommes
nous échappent. Qui étaient-ils dans leur vie quotidienne ? (...)
Ses lettres révèlent un homme équilibré, courageux, ayant le sens
de la famille. Nous entrons, grâce à elles, dans l'intimité d'un
général. (...)
C'est donc un ensemble de documents exceptionnel qui nous est
proposé. Il montre l'importance du général Huard, un peu oublié,
il faut l'avouer, par les historiens de l'Empire. Cette publication
est un modèle. Elle fera référence.
Extraits de la préface de Jean Tulard
La biographie du général Huard permet d'établir un brillant
parcours : lieutenant-colonel à 22 ans, colonel à 30 et général à
37 ans. Il se termine par une mort glorieuse à la bataille de la
Moskova.
Mais cette biographie ne se distinguerait pas beaucoup de celles de
nombre de ses compagnons d'armes de la Révolution et de l'Empire
sans la découverte de sa correspondance jusque-là inédite.
Les lettres à sa famille révèlent un caractère attachant et une excellente
plume. Fin observateur et analyste des champs de bataille, de
la vie dans les campagnes et les villes, et même de la mode, Huard
a une âme de poète et de philosophe à ses heures. C'est aussi un
esprit ouvert aux sciences, un chimiste en avance sur son temps
lorsqu'il décrit les fumerolles des solfatares de Pouzzoles.
Huard montre un esprit moderne, plus préoccupé de l'éducation
de ses neveux que des distinctions éphémères des champs de bataille.
Il pourrait faire sienne la devise du philosophe Jean Bodin :
«Il n'est de richesses que d'hommes.»
Arnauld Divry