Joao Guimaraes Rosa

C'est en 1956 que Guimarães Rosa, ambassadeur, polygotte,
médecin et romancier à succès publie Diadorim , son chef-d'oeuvre.
Dans ce roman, le héros, à travers le sertão aride, livre un impitoyable
combat au terrible Hermogène. Tant qu'il se nomme
Riobaldo, le héros essuie de terribles revers dans les batailles contre
son adversaire. Après un supposé pacte avec le Démon, censé avoir
eu lieu aux «Veredas-Mortes» (les sentiers morts ), Riobaldo prend
le surnom de «Crotale Blanc» et finit par éliminer son adversaire.
Suite à la victoire sur Hermogène, Riobaldo-Crotale revient sur les
lieux du pacte et apprend que les «Veredas-Mortes» n'existent pas
(ou plus) : désormais, l'endroit sera connu du nom de
«Veredas-Hautes» (les hauts sentiers ). Cette lecture de Diadorim
se rapprochera du «mot» dans sa dimension de matériau
esthétique : ce roman se voudra une réflexion métaphorique sur la
création littéraire, sur l'inspiration faustienne et sur la vocation
d'écrivain, cet «io bardo» (moi poète) de Riobaldo, dédoublement
romanesque de l'auteur. Le romancier lui-même affirme que ce
roman est une «autobiographie irrationnelle» : le texte se conçoit
donc comme une grande énigme à déchiffrer. Or, la biographie de
l'écrivain n'est pas moins énigmatique, à commencer par sa
disparition survenue précisément trois jours après la consécration
littéraire à l'Académie Brésilienne de Lettres. Et le pacte ?