La gloire de l'un : Philoxène de Mabbourg et Laurent de la Résurrection

Les deux mystiques chrétiens, Philoxène de Mabboug, qui vécut à la charnière du V<sup>e</sup> et du VI<sup>e</sup> siècle, et Laurent de la Résurrection, Carme du XVII<sup>e</sup> siècle, se signalent par la glorification de l'unique nécessaire. Le premier illustre la voie ascétique (retranchement du monde, pleine liberté spirituelle et quête de la pureté). Le deuxième considère qu'il convient d'être partout, y compris dans le monde, accordé au divin. Certes l'oeuvre du Persan mobilise toutes les ressources d'un esprit supérieur trempé dans les questions les plus aiguës de la théologie, quand le Français évolue dans la simplicité de la confiance. Et pourtant, c'est ce dernier qui a connu une crise majeure de la foi surmontée par la décision de l'amour pur. Fénelon s'en souviendra.
Une transfiguration de l'âme n'empêche pas, en régime chrétien, le corps (chez Philoxène) et la conscience souveraine (chez Laurent) de prononcer l'Un dans une âme sans fracture. Le vif de cet essai de mystique orientale-occidentale tient à la marque d'un christianisme réfractaire à l'exténuation de l'humain lors même de l'allégeance à Dieu.